Tous les quelques mois, un diplomate, un universitaire ou un éditorial de journal invoque l’Accord du Vendredi saint comme modèle pour mettre fin au conflit à Gaza. La logique va ainsi : l’IRA a désarmé, le Sinn Féin est entré au gouvernement, et l’Irlande du Nord a trouvé la paix. Cette comparaison n’est pas seulement fausse. Elle est dangereusement fausse.

Le gang qui est devenu un gouvernement

Le Hamas contrôle le territoire de Gaza depuis 2007. Il dirige des ministères, paie des salaires, exploite un système judiciaire. Mais sa force combattante est composée massivement de jeunes hommes sans avenir économique significatif, sans liberté de mouvement et sans horizon au-delà de l’organisation elle-même.

Ce n’est pas un mouvement de résistance avec une aile politique attendant de gouverner. C’est un gang qui a grandi suffisamment pour gérer un service postal.

Pourquoi le désarmement les terrifie

La comparaison avec l’IRA suppose que derrière chaque mouvement armé se trouve un Sinn Féin : un groupe d’hommes politiquement ambitieux qui veulent des portefeuilles ministériels plus que des armes. Pour un combattant du Hamas de vingt ans, le désarmement ne signifie pas une transition vers la politique. Cela signifie devenir un jeune homme au chômage dans une ville détruite, sans statut, sans revenus et avec une cible dans le dos.

Arrêtez de les flatter

Le cadre de l’IRA flatte le Hamas. Il implique un statisme latent, une vision politique retenue uniquement par les circonstances. Ce que les preuves soutiennent réellement, c’est une organisation dont l’identité est inséparable de la violence armée, dont les membres ont de puissantes raisons personnelles de continuer à se battre. C’est un gang. Le traiter comme quelque chose de plus sophistiqué n’a pas produit de résultats. Comprendre ce qu’est vraiment le Hamas est la précondition de toute politique qui pourrait réellement fonctionner.